
Alfred Sisley
Le Lavoir de Billancourt, 1879
Prix sur demande



Détails de l'œuvre
Henri Poidatz, Paris
Galerie Georges Petit, Paris, 27 avril 1900, lot 79
Georges Petit, acquis lors de la vente ci-dessus
Vente : Galerie Georges Petit, Paris, 4-5 mars 1921, lot 113
Comte de Lanscay, Paris
Hôtel Drouot, Paris, 6 avril 1922, lot 16
Eugène Blot, Paris, acquis lors de la vente ci-dessus
Dr Arthur Charpentier, Paris
Collection particulière, Suisse, acquis vers 1950
Collection particulière, par descendance du précédent
Collection particulière, Europe
Sotheby's New York, 6 mai 2015, lot 250
Collection particulière, Londres, acquis lors de la vente ci-dessus

Le Lavoir de Billancourt (1879) d'Alfred Sisley constitue un exemple superbe de l'attachement qu'a voué l'artiste tout au long de sa vie à peindre directement sur le motif, et au drame discret du paysage en transformation. Souvent décrit comme le peintre de plein air le plus « pur » du cercle impressionniste, Sisley a entretenu une relation presque exclusive avec le paysage, attentif aux changements les plus subtils de saison, de temps et d'heure du jour. Ses scènes de rivière en particulier ont longtemps été comparées à celles de Monet pour leur sensibilité à l'eau — ses reflets changeants, ses contours adoucis, et la manière dont la lumière dissout la forme dans l'atmosphère.
Peinte le long de la Seine à Billancourt — une ville industrielle à l'ouest de Paris — cette œuvre appartient à la série de vues que Sisley a produites après les bouleversements de 1871, lorsqu'il installa sa famille d'abord à Louveciennes puis à Marly-le-Roi, à proximité. La vallée de la Seine lui offrait un motif sans cesse renouvelé : méandres sinueux du fleuve, villages enfilés le long des berges, et un paysage marqué à la fois par l'histoire et par la vie moderne. Ici, le lavoir flottant repose bas sur l'eau, structure pratique où les habitants pouvaient laver leur linge directement dans la rivière moyennant une petite contribution. Sisley transforme ce sujet quotidien en une évocation du lieu habité, où l'activité humaine s'intègre harmonieusement dans les rythmes plus vastes du ciel et du courant.
Les années 1870 sont largement reconnues comme la « période dorée » de Sisley — lorsque son œuvre s'exprime d'une voix distinctement personnelle plutôt que sous l'influence manifeste de Corot, Courbet ou même du Monet des débuts. Après avoir cessé d'exposer au Salon après 1877, ses compositions gagnèrent en complexité et se libérèrent de la récession traditionnelle et de la perspective linéaire, privilégiant au contraire des motifs entrelacés et l'énergie expressive de sa touche. Dans Le Lavoir de Billancourt, les couches de pigment se superposent en touches rapides et multidirectionnelles, créant une surface richement texturée saturée de couleur et d'air. Cette spontanéité accrue s'accorde avec les éloges contemporains de la capacité de Sisley à saisir les instants fugaces — nuages, brise et feuillage frémissant — de sorte que l'espace et la lumière semblent indissociables, et que la scène demeure vibrante de mouvement. Le tableau est répertorié dans le catalogue raisonné de l'œuvre peint d'Alfred Sisley de François Daulte (1959) sous le numéro 315.
“Chaque tableau montre un lieu dont l'artiste est tombé amoureux”— Alfred Sisley
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