ALFRED SISLEY (1839-1899)
Alfred Sisley (1839-1899) était un peintre paysagiste impressionniste, né à Paris de parents anglais expatriés aisés (avec des liens familiaux français par sa grand-mère). Bien qu'il ait passé presque toute sa vie en France, il a conservé la nationalité britannique. Envoyé à Londres en 1857 pour plusieurs années afin de se préparer à une carrière commerciale, il revint à Paris et se consacra à l'art. En 1862, il entra dans l'atelier de Charles Gleyre, où il rencontra Pierre-Auguste Renoir, Claude Monet et Frédéric Bazille ; quelques mois plus tard, les amis partirent peindre en plein air, directement d'après nature, autour de Paris et dans la forêt de Fontainebleau.
La période la plus prolifique de Sisley, souvent qualifiée d'« âge d'or », correspond aux années 1870, durant lesquelles il réalisa une série de paysages lumineux représentant des rivières et des villages autour de Louveciennes, Marly-le-Roi et d'autres banlieues situées au bord de la Seine. Au cours de ces années, il a affiné les compositions calmes et structurées et les harmonies tonales subtiles qui distinguent son œuvre au sein de l'impressionnisme, équilibrant une touche fraîche et immédiate avec un sens profond de l'ordre.
Il exposa avec les impressionnistes en 1874, 1876, 1877 et 1882, mais fut peu reconnu et, après 1871, lorsque son père ne put plus le soutenir financièrement, il vécut la majeure partie de sa vie dans la pauvreté. Malgré cela, il continua à travailler sans relâche, notamment pendant ses séjours en Grande-Bretagne (notamment à Hampton Court en 1874 et sur la côte près de Cardiff en 1897).
Après avoir travaillé dans plusieurs villes de la banlieue parisienne, Sisley s'installe près de Moret-sur-Loing au début des années 1880, où il peint nombre de ses chefs-d'œuvre tardifs : ponts, chemins de halage et berges observés au fil des saisons et des conditions météorologiques. Une exposition solo à La Vie Moderne à Paris en 1883 fut l'un des rares moments où il fut mis à l'honneur de son vivant. Il mourut à Moret-sur-Loing en 1899, longtemps méconnu, mais il est aujourd'hui reconnu comme l'un des peintres paysagistes les plus poétiques de l'impressionnisme.





